samedi 28 juin 2008
Anormalienne
Vendredi 27 juin 2008
12h Retour sur Evreux. Pas envie d'être seule dans ma piaule où il fait décidément trop chaud.
14h30 Pierre, Nils et J investissent la cuisine de chez mum pour une heure. Ça papote, ça fait de la musique avec les touches du portable de J ("ouais, c'est le numéro de Nils qui sonne le mieux, y a pas photo...")
15h10 Je débarque à la librairie. Anne a 20 ans aujourd'hui, hihihi. Je profite de la connexion internet de dad pour voir les résultats de Cachan, prévus à 16h.
15h45 "Il est quelle heure ?"
15h46 "Il est quelle heeure ?!"
15h47 "Il est quelle heeeure ?!?"
Pendant une demi-heure, j'actualise la page, je gigote, j'actualise la page, j'agrippe dad, j'actualise la page, je me trémousse, j'actualise la page, je pigne...
16h35 Les deux listes (liste des admis et liste complémentaire) s'affichent enfin. Dad ouvre le fichier des admis. Il y en a 8 et je suis 6e. Je lâche un "PUTAIN JE SUIS NORMALIENNE !!!" des plus sonores dans la librairie -et à la figure du pauvre client qui venait de passer la porte. Et je me mets à pleurer de joie. Dad fait péter le champagne, on trinque à cette journée doublement belle. Farandole de coups de fil et de textos. C'est décidé, première chose que je vais acheter avec ma paye : une horloge à l'heure
française pour les webmasters de Cachan. Parce que 35 minutes de
retard, c'est de la torture ou je ne m'y connais pas !
17h30 Je file chercher mum à l'école, elle est en réunion. Je rentre sans même frapper, je me jette dans ses bras. Tout le monde me félicite pour mon "bac" ou mon "brevet". On se met à pleurer à qui mieux mieux.
19h Mum fait péter le champagne. Les parents divorcés, ça a du bon : je suis complètement pompette et je sautille de pièce en pièce en chantant "Normal Sup, Normal Sup, Normal Suuup..."
20h Resto chinois avec Camou et mum. Les parents divorcés, ça a encore une fois du bon : je remets ça avec dad et Anne demain soir.
00h Je ne suis absolument pas couchée, je saute sur le lit de mum avec un enthousiasme sans pareil -pas de pitié pour le sommier. Je suis ravie, mes parents sont fiers, mes potes sont contents pour moi... Je disais donc : je ne suis pas couchée !
(plus ou moins) 4 ans...
:o)
lundi 16 juin 2008
You know what? I'm happy!
Apparemment, je suis bonne pour aller passer les oraux à Lyon...
La blague... chuis aussi admissible à Cachan !
Hihihi !!!
Merci pour tous vos gentils messages de félicitations et d'encouragements !
ORAUX
*
CACHAN
Lundi 23 juin
Anglais, explication de texte
Anglais, civilisation
Mardi 24 juin
Italien, presse
*
LYON
Jeudi 26 juin
Lettres, explication de texte
Mardi 1 juillet
Anglais, presse
Mercredi 2 juillet
Anglais, explication de texte
Jeudi 3 juillet
Italien, presse
Vendredi 4 juillet
Lettres, culture générale
*
"Are you ready ?"
"I was born ready !"
Kung Fu Sara !
Cachan fini, let's rock Lyon.
Lyon, c'est parti !
Sarah, tu gères comme une étagère. Merci, merci, MERCI !
mercredi 11 juin 2008
Animal Farm, le remix
Je continue dans mon élan livrovre, et après le pingouin, le lièvre ! Rien à dire, si ce n'est que si je continue à être aussi heureuse à chaque fois que je lis Paalisinna, je risque l'overdose de bien-être. J'ai entendu dire que l'adaptation cinématographique avait confié le premier rôle à Christophe Lambert, pas sûre d'avoir envie de voir le film...
Prochain dans la série Paalisinna : La cavale du géomètre.
vendredi 6 juin 2008
To do list
Ma liste des choses à faire commencée avant le concours a bien évolué. Dieu bénisse le temps libre, j'ai des activités on ne peut plus ludiques.
CA, C'EST FAIT
- Faire tourner un stylo autour du pouce (truc de cancre par excellence, maîtrisé par peu de gens en prépa, agglomérat de têtes de classe oblige).
- Lancer des fraises tagada/cacahuètes/morceaux de friand en l'air et les rattraper avec la bouche (je n'y arrive pas encore avec des clémentines entières, tout mon respect va à J).
RESTE A FAIRE
- Réciter l'alphabet en rotant.
- Toucher mon nez avec ma langue.
Dans la vie, pour avancer, il faut se fixer des objectifs.
"Les glaçons pleurent ! Le dégel était de retour."
Micha a été adopté par Victor, écrivain
raté devenu rédacteur
de nécrologies, lorsque le zoo en mal de fonds a commencé à se
débarrasser de ses pensionnaires. Depuis, leurs solitude respectives se
tiennent compagnie. Micha erre de la baignoire au balcon, se place de temps en temps sur le seuil des portes de l'appartement
pour observer son maître qui tape sur sa machine à écrire des notices
nécrologiques de personnes encore bien portantes... qui ne tarderont
pas à disparaître dans des circonstances pour le moins louches, Ukraine
des années 1990 oblige. Victor se fait un thé, Micha mange un poisson,
Victor se fait un café, Micha pose sa tête sur les cuisses de son
maître. Victor travaille chez lui, et beaucoup. Il oublie dans le
travail sa place de rouage dans une machination bien huilée. Micha est
dépressif, quand il voit à la télévision ses congénaires s'agiter sur
la banquise, il vient coller son bec à l'écran. Lui a une malformation
cardiaque et n'est pas spécialement vaillant.
En sujet de culture générale littéraire "Un animal dans une oeuvre de
votre choix" est un grand classique. Il n'y aurait pas grand chose à
dire sur Micha. Il fait partie des meubles. Il est là au même titre que
le réveil qui agace Victor par son tic tac sonore lors de ses longues
nuits d'insomnie. Au même titre que Sonia, petit bout de choux dont
Victor a hérité quand son père a disparu.
J'ai lu Le Pingouin
avec beaucoup de plaisir. Ca se lit tout seul, on pose son regard sur
le premier mot et on arrive au dernier sans même s'en rendre compte.
J'ai très peu ri, beaucoup souri et renforcé ma conviction selon
laquelle les rencontres inespérées sont porteuses d'une beauté unique.
Depuis que j'ai lu Kundera, je ne me souviens plus comment je pensais avant.
Tout me vient en terme de légèreté et de pesanteur. La pesanteur de
l'Ukraine en pleine divague post-communiste. La légèreté de deux
inconnus en mal de bonheur se versant des rasades de vodka jusqu'à
épuisement.
"Quand la poussière sera retombée, je réapparaîtrai."
Les gens
Lundi soir, Agathe est venue dormir chez moi (pour la troisième fois en trois semaines). Je suis incollable sur les préparatifs d'un voyage au bout du monde.
Mardi après-midi, Marine est venue chez moi. Je suis incollable sur la politique américaine.
Mercredi soir, j'ai mangé au resto tibétain avec dad. Je suis incollable sur la taxe professionnelle.
Jeudi soir chez Sarah, rentrée de Lyon. Je suis incollable sur les traditions orales.
Il n'y a pas de miracle en matière d'échange.
Ou Li Po
Hier soir, je suis allée à une session OuLiPo à la BNF, la dernière de l'année. Les lectures portaient sur les langues. Je vous laisse profiter de l'exercice de style d'Harry Mathews. Il a fait, comme Pérec sur l'incipit de Proust "Longtemps je me suis couché de bonne heure", des variations sur le célébrissime "To be or not to be, that is the question". Et c'est foutrement drôle.
35 Variations On A Theme From Shakespeare
00 Source text:
To be or not to be, that is
the question
01 Alphabetically
A BB EEEE HH II NN OOOOO Q
R SS TTTTTTT U
02 Anagram
Note at his behest: bet on
toot or quit
03 Lipogram in c,
d, f, g, j, k, l, m, p, v, w, x, y, z:
To be or not to be, that is
the question
04 Lipogram in a
To be or not to be, this is
the question
05 Lipogram in i
To be or not to be, that's
the problem
06 Lipogram in e
Almost nothing, or nothing:
but which?
07 Transposition (W
+ 7)
To beckon or not to beckon,
that is the quinsy
08 Strict
palindrome
No, it's (eu) qeht sit. Ah!
te botton roebot
09 Missing letter
To be or not to be hat is
the question
10 Two missing
letters
To be or not to be at is
the question
11 One letter added
To bed or not to be, that
is the question
12 Negation
To be or not to be, that is
not the question
13 Emphasis
To be, if you see what I
mean, to be, be alive, exist, not just keep hanging around; or (and that means
one or the other, no getting away from it) not to be, not be alive, not exist,
to ‑ putting it bluntly ‑ check out, cash in your chips, head west: that (do
you read me? not "maybe this" or "maybe something else")
that is, really is, irrevocably is, the one and only inescapable, overwhelming,
and totally preoccupying ultimate question
14 Curtailing
Not to be, that is the
question
15 Curtailing
(different)
To be or not to be, that is
16 Double
curtailing
Not to be, that is
17 Triple
contradiction
You call this life? And
everything's happening all the time? Who's asking?
18 Another point of
view
Hamlet, quit stalling!
19 Minimal
variations
To see or not to see
To flee or not to flee
To pee or not to pee
20 Antonymy
Nothing and something: this
was an answer
21 Amplification
To live forever or never to
have been born is a concern that has perplexed humanity from time immemorial
and still does
22 Reductive
One or the other ‑ who
knows?
23 Permutation
That is the question: to be
or not to be
24 Interference
a) Tomorrow and tomorrow
and tomorrow:
That is the question
b) To be or not to be
Creeps through this petty
pace from day to day And all our yesterdays have lighted fools The way to dusty
death
25 Isomorphisms
Speaking while singing:
this defines recitativo
Getting and spending we lay
waste our powers
26 Synonymous
Choosing between life and
death confuses me
27 Subtle insight
Shakespeare knew the answer
28 Another interference
Put out the light, and
then? That is the question
29 Homoconsonantism
At a bier, a nutty boy,
too, heats the queasy tone
30 Homovocalism
Lode of gold ore affirms
evening's crown
31 Homophony
Two-beer naughty beat
shatters equation
32 Snowball with an
irregularity
I
am
all
mute
after
seeing
Hamlet's
annoying
emergency
yourstruly
Shakespeare
33 Heterosyntaxism
I ask myself, is it worth
it, or isn't it?
34 In another meter
So should I be, or should I
not?
This question keeps me on
the trot
35 Interrogative
mode
Do I really care whether I
exist or not?
(We leave the reader
saddled with this painful question.)
Harry Mathews
jeudi 5 juin 2008
Projet tarot
Lentement mais sûrement, mon projet "tarot & collage" avance. J'avais fait deux arcanes l'an passé (la maison dieu et l'impératrice), j'en ai trois de plus (le pendu, le bateleur et l'amoureux).
mercredi 4 juin 2008
"Cette croyance que la solitude est une chevalerie" (p.90)
"Les deux frères grandirent, puis ils prirent de l'âge.
Ils vivaient dans la même ville mais chacun d'un côté du fleuve.
Je pourrais donner leurs prénoms. Mais à quoi
vous serviraient-ils ? Les prénoms sont partagés par trop de monde sur
terre.
Je préfère appeler les deux frères par leur manière d'aimer."
Le frère à l'amour unique et le frère à l'amour morcelé... J'y pense beaucoup. Et j'en suis arrivée à la conclusion que pour écrire un roman, ce roman, il était nécessaire d'adopter le point de vue du frère à l'amour morcelé. Ce sont bel et bien les "intermittences du coeur" (Proust) qui nous poussent à écrire. On ne couche pas sur papier le bonheur parfait. Ce n'est pas pour rien que Proust accompagne ses lecteurs à travers chaque étape de leur vie. On s'arme des mots des Grands pour se sentir moins petit. Les mots de Roubaud et de Kundera me sont revenus en mémoire, se sont tissés à ceux d'Orsenna, leur ont conféré des échos insoupçonnés. Je me plais à imaginer que quand on lit beaucoup, on a le sentiment d'avoir vécu des vies multiples. L'amour, le deuil : les lignes droites et les tournants d'une vie -par procuration.
Suivant les conseils de mon libraire/mélomane de père j'ai lu La chanson de Charles Quint en écoutant les Mille Regretz.
"ce livre, ma grande, c’est de la littérature, de la littérature française, très
française, et c’est un très, très joli livre. Ça part du
particulier, Orsenna et son chagrin, quelque part entre la rue Jacob et
la Bretagne, ça se promène entre Le Port Royal janséniste de ses quinze
ans, où il appris le sens du futur antérieur auprés d’une vieille
érudite allemande, et la place des Vosges où il attente à la pudeur, ça
va vers l’universel et un sentiment de fraternité pudique et courtois dans un vieux restaurant russe." (dad)
Un équilibre tout à la fois fragile et solide comme un roc.
Le mélange parfait de la grâce et de la pesanteur.
mardi 3 juin 2008
Things younger than McCain
L'âge du candidat républicain à la présidentielle américaine vous pose problème ? Vous n'êtes pas le seul !
Un petit rigolo s'est amusé à lister et à commenter des objets, personnalités, évènements... plus jeunes que John McCain. C'est en anglais, c'est particulièrement drôle dans le genre "comique de répétition" et c'est ici : http://www.thingsyoungerthanmccain.com/
lundi 2 juin 2008
Si vous voyez quelque part que Terrain Vague, de la compagnie Käfig, passe... foncez, c'est un des meilleurs spectacles que j'ai vu ces dernières années. Danse hip-hop & cirque sur fond et en forme d'urbanité, décor merveilleux et merveilleusement exploité, drôlerie poético-prosaïque entremêlant des prouesses techniques... Ca faisait longtemps qu'un spectacle ne m'en avait pas mis plein la vue comme ça.
"Pour créer mon spectacle, je suis parti d'un lieu : le terrain vague. Une certaine nostalgie me lie à ce type d'endroit où chacun peut venir en toute liberté, construire, détruire, jouer, créer. Un endroit de passages, de rencontres, de vies... Plus jeune, c'était mon aire de jeux.
Considéré habituellement comme un « non-lieu » dans un paysage urbain divisé et concentré, où le sentiment d’étouffement domine, le terrain vague est aussi pour moi comme une bulle d’air, une respiration en dehors de toute contrainte extérieure. Un lieu où la vie s'insinue avec ses codes et ses règles propres, un lieu de tous les possibles. Un lieu à l'image des personnes qui y vivent, marginalisées par le monde extérieur.
Des personnes s'approprient le terrain, engagent des vies - des corps vivants mais fragiles - éphémères puisqu'elles se terminent par une évacuation. Un terrain désolé avant l'arrivée des machines, avant que ne commence le chantier, avant la destruction de la vie sociale qui existait là, de la nature qui avait poussé.
Je ne veux pas faire du spectacle une analyse sociale du « terrain vague ». Je le déplace sur scène et j'y montre d'une manière parfois burlesque et décalée comment se déroule la vie dans ce microcosme haut en couleur. Le décalage avec la réalité est volontaire. La précarité de la vie dans ce genre d'endroit est évidente mais c’est aussi de la force des relations qui se nouent dans ces lieux dont j’ai envie de parler dans le spectacle."
Mourad Merzouki.
"Une blanche SVP..."
Je n'ai jamais bu autant de bières de ma vie. Mais alors ja-mais. Ca devient un réflexe, mon réflexe d'après concours : "on va se boire une bière ?"...
Sociologie appliquée de la bière à la Guiness Tavern avec Marine, Ariane et Audrey :
Si on boit de la Kriek, on finit avec le gros doigt de pied sur le nez.
Si
on boit de la Guiness, on se retrouve à imiter Mona Lisa pendant deux
minutes pendant que des abruties essayent de vous déconcentrer.
Si on boit de la blanche, on se retrouve à danser sur la table.
Et même si on ne boit que du Perrier... on danse la macarena sur Highway to Hell.
Prépa power !
Au Mata, avec Anne :
"Et deux bières pour les demoiselles.
- Euh, elle a une drôle de couleur votre blanche.
- Oui, c'est parce que ce n'est pas une blanche.
- Dans ce cas ce n'est pas ce qu'on avait commandé.
- ...mais ça vous va ?
- Non, ça ne va pas, cette blague !!!"
1664 sur les bords de l'iton avec Anne, trois jeunes ébroïciens pas finauds-finauds nous abordent :
"Ouah, comment tu parles bien, tu fais des études, non ?
- Je suis en prépa littéraire.
- Et toi ?
- Je suis libraire.
- Ah ouais... mais vous faites les intellectuelles alors que vous buvez de la bière !
- Parce que selon toi c'est incompatible ?..."
Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore
"Va la calmer, dit-elle.
- Tu parles, autant jouer à colin-maillard avec un rhinocéros en chaleur."
Bien dit.
Bien rigolé.
dimanche 1 juin 2008
MIA
En ce moment je laisse mes affaires derrière moi. Que je perde pour un temps ou que j'égare définitivement, ça dure depuis trois jours.
Mon gilet noir sous le chapiteau à Grand-Quevilly.
Mon tee-shirt noir à manches longues à la librairie.
Mon écharpe noire au cirque théâtre d'Elbeuf.
Mon gilet blanc au cinéma.
Ce qui me turlupine le plus, c'est de me dire que ça veut sûrement dire quelque chose. Une histoire d'in-/sub-conscient ou un truc dans le genre.
"Je ne crois pas aux psy.
- A chaque fois que tu dis "je ne crois pas aux psy", quelque part, dans le monde, il y a un psy qui meurt.
- Je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy, je ne crois pas aux psy,..."
lundi 26 mai 2008
De l'après-avoir-lu-Kundera
Hier,
j'ai fini L'insoutenable légèreté de l'être. Sitôt refermé, j'ai
regretté de l'avoir terminé. Pourtant, j'ai tout fait pour le finir en
beauté. A trois pages de la fin, je me suis interrompue, servie un
verre de blanc, j'ai allumé une cigarette, inspiré un grand coup et
repris ma lecture. Et pourtant... Malgré le déploiement de ce
cérémonial, une boule m'est venue à la gorge et ne m'a pas quittée
depuis. Je ne veux pas le relire, je voudrais ne pas l'avoir fini. Je
ne veux pas avoir lu un Kundera, je voudrais être en train de lire mon
premier Kundera. C'est curieux comme on peut dévorer un livre et, une
fois les dernières lignes parcourues, regretter son empressement.
Pourtant je ne l'ai pas dévoré au sens strict. J'ai pris mon temps. Une
semaine, deux peut-être. Je lisais et relisais chaque phrase, je
noircissais les marges, je cornais les pages... je l'ai dévoré avec
lenteur et solennité. Oui, oui, c'est possible. Et malgré cela,
l'impression d'avoir été trop gourmande. Aujourd'hui, je me sens
spleenétique, mais grandie. Je me sens bien. Je suis armée. J'ai lu un
Kundera. Que je le relirai quand j'aurai trente et un ans, et quarante et un ans, et...
"L'amour commence par une métaphore.
Autrement dit : l'amour commence à l'instant où une femme s'inscrit par
une parole dans notre mémoire poétique."
(p301 en folio)
dimanche 18 mai 2008
Les rues de Paris font leur cirque
Ma
nuit des musées s'est finalement transformée en nuit du cirque avec
Quentin. Chouette soirée près des Halles, dans la rue ou sous la tente,
trois spectacles... marquants.
De la bave, un rire gras et des performances crado pour Le cirque des curiosités.
Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai envie d'essayer de me mettre un
préservatif dans le nez et de le faire ressortir par la bouche, de
m'enfoncer une louche dans le gosier ou un clou dans le nez, de macher
des bouts de verre. Par contre, jongler avec des haches, ça a une
classe indéniable, un petit côté Troll de Troy qui me plait bien...
Gros malaise en voyant Antiquithon... C'était le but, je suis bon public, le but est atteint. Vision traumatisante du "laparaignée", lapin géant à pattes de tarentules. Allier mon surnom et ma phobie n'était pas tout à fait le meilleur moyen de me faire passer un bon moment. Mais je salue la performance des acteurs.
Bancs d'église et son de cloches, le spectacle Christa
s'ouvre sur une madone de dos poussant des cris atroces. Elle accouche
et crucifie le nouveau né. Pour voir Bienvenue chez les Ch'tis version
circassienne, il faudra revenir ! Jésus/Ken qui s'égosille du haut de
sa croix pour se taper une poupée, la madone qui chantonne "La
charogne" de Baudelaire pendant que de vrais vers gigotent sur l'autel,
la même madone qui se noircit les yeux avant d'entamer un strip-tease
sur Femmes des années 80 : on nage en plein délire. "Encore une qui se met à poil"
je ne peux pas m'empêcher de sourire en pensant à Agathe. Comble du
sacrilège, Monsieur le Curé nous invite à communier à la sortie et nous
offre des rondelles de banane sechée en guise d'ostie, répétant
inlassablement "le corps de Christa".
"Que l'amour & la folie vous gagnent !"
Une odeur de rhum qui colle à la peau...
samedi 17 mai 2008
Sara coeur de Lionne
Il ne fait pas bon d'être du côté de l'ennemi quand je pars en croisade.
vendredi 16 mai 2008
Brèves
Journée d'hier mouvementée. J'ai fait un malaise dans le bus en sortant des cours. La chaleur, le tournis, Sara par terre. Le conducteur en panique appelle les pompiers.
"Mademoiselle, mademoiselle, quel jour sommes-nous ?
- Je suis passée en explication de texte en anglais ce matin, on est jeudi.
- Mademoiselle, où sommes-nous ?
- Pas loin du lycée.
- Non mademoiselle, c'est un camion de pompier, nous sommes dans un camion et nous allons à l'hôpital."
Arrivés
à l'hôpital, ils m'envoient au service gynécologie. Bah oui, une jeune
fille qui fait un malaise est forcément enceinte. J'ai beau leur dire
que j'ai mes règles et qu'il y a peu de chances que j'ai une brioche au
four, ils s'acharnent.
"Vous allez voir un médecin qui va vous faire un bilan de santé.
- Prise de sang ?
- Peut-être.
- J'y vais pas !
- Mais vous n'avez pas le choix, vous avez fait un malaise, on est intervenu, vous devez absolument voir un médecin."
Je
n'ai pas mes papiers sur moi, l'infirmière me demande quatre fois si je
suis française. Et je me retrouve dans la salle d'attente du service
gynécologie. Une jeune asiatique en mode autiste, un jeune couple de
blacks qui se disputent haut et fort, une femme enceinte jusqu'aux yeux
qui plonge frénétiquement la main dans un paquet de chips et humidifie
régulièrement un gant de toilette qu'elle garde sur le front. Elle a
l'air de souffrir atrocement, il ne fait pas bon d'être enceinte par ce
temps. Et il y aussi une grosse dame noire, l'air fatiguée, en robe
traditionnelle crasseuse et en baskets/tongs. Elle trimballe ses trois
énormes sacs plastiques avec elle et répète machinalement "si
on ne me fait pas l'échographie je dois m'en aller, il y a l'office à
15h à l'église évangélique de la Bastille, je dois y être, je vais
partir." Elle parle toute seule, a l'air sérieusement atteinte. Elle s'adresse au jeune couple qui n'en finit pas de s'exclamer : "Les jeunes, les jeunes. Je ne comprends pas. Dieu, donne moi la force de comprendre, donne leur la force de garder l'enfant." Puis elle se tourne vers moi et me répète "Faut pas tuer les bébés, c'est un cadeau du ciel. Moi, je le garde, il faut pas tuer les bébés..." Je n'ai ni le droit de manger ni le droit le boire avant de voir
un médecin. Il est 14h, j'ai faim et quand j'ai faim, je deviens irritable.
Au bout d'une demi-heure de prêchi-prêcha, je lui dis gentiment qu'un
embryon, ce n'est pas un bébé et qu'il y a des gens très sérieux qui
ont étudié le développement de la cellule qui lui diront tout ça mieux
que moi. Erreur fatale. Elle est maintenant persuadée que je viens pour
une démarche d'avortement et ne me lâche plus la grappe. Je craque. Je
retourne voir l'infirmière pour lui dire que je vais bien, que je ne
vois pas ce que je fiche au service des gros bidons et que je vais
rentrer chez moi.
"Rentrez si vous voulez, mais si vous refaites un malaise, on n'est pas responsable."
Super,
elle n'aura pas ma mort sur la conscience. Je sors au pas de course de
cet asile de fous et file chez moi. Pas que ça à faire, y a Agathe qui
m'attend. Une fois rentrée, je fonce à Franprix acheter des kinder
bueno, du toblerone et une bouteille de taillefine aromatisée. A la
caisse, la caissière me dévisage d'un air désespéré "encore une victime de la pub..."
J'ai envie de lui dire que ce n'est pas du tout ce qu'elle croit, que
c'est ma technique d'automédication testée et approuvée, et que mum me
soutient. Mais je ne le fais pas.
Après-midi & soirée tout en douceur avec Agathe : prélude à la sieste et pâtisserie viennoise. Elle sait dire "je suis speed" en espagnol. On est bien. La vie est belle.
Cyntiasansh m'a fait un collage merveilleux... "Ecrivez ! Que l'érotisme printanier chasse l'hiver des âmes chômées..." Pour une fille en vacance, elle ne chôme pas vraiment des dix doigts.
















